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Planification écologique ou administration du désastre ?

samedi 2 mars 2024

Avec cette année 2023 si chaude, on attendait beaucoup de cette 28ème Conférence des Parties pour le Climat (COP28), qui s’est tenue au pays de l’or noir à Dubaï, du 30 novembre au 12 décembre 2023.
Allait-elle enfin proposer des solutions miracles pour sortir du pétrin climato-énergétique, dans lequel l’humanité s’est embourbée ?
Malgré les satisfactions de façade, c’est un accord a minima et non contraignant, qui a été signé. Celui-ci inclut pour la première fois, l’éventualité de la sortie possible des énergies fossiles d’ici 2050 : quelle avancée bien timorée, alors que les Parties ont admis « que le monde n’est actuellement pas en bonne voie pour réduire les émissions au niveau suffisant pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 °C » !
Pour limiter le réchauffement planétaire et ses impacts, on propose le développement tous azimuts, du nucléaire, de la voiture électrique, des carburants verts, du bio-kérosène, des énergies renouvelables, ou de l’enfouissement du CO2, car on préférerait ne pas remettre en cause le dogme de la croissance.
Alors que l’expérience récente a montré que les émissions mondiales de CO2 et autres gaz à effet de serre, n’ont baissé que lors de la crise économique de 2009 ou lors de la crise sanitaire de 2020-2021, il est peu probable que cette COP28, comme les 27 précédentes, modifie le cours funeste du réchauffement planétaire d’origine anthropique.
On comprend mieux dans ces conditions, pourquoi M. Béchu, ministre de la transition énergétique, venu à Bordeaux le 1er décembre 2023, pour lancer la planification écologique de la région Nouvelle Aquitaine et accélérer la transition, a affirmé que la France devrait s’adapter à un réchauffement de +4°C d’ici 2100, c’est-à-dire le scénario du pire.
N’en déplaise au pouvoir économique et financier, la voie la plus sûre pour éviter le désastre climatique annoncé, n’est pas d’appuyer sur l’accélérateur, mais d’entamer la dé-prolifération des marchandises ainsi que des déplacements des biens et des personnes (transports aériens, routiers et maritimes).

Daniel Delestre

Mise en ligne du 25/02/2024

Editorial du N°201 de Sud-Ouest Nature