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Ligne Nouvelle du Sud Ouest (LGV Bordeaux/Toulouse/Dax) : un financement laborieux
lundi 29 juin 2026
Le plan de financement de la Ligne Nouvelle du Sud Ouest (LNSO, anciennement GPSO), d’un montant total estimé en 2026 de 15,5 milliards €, associe de nombreux acteurs, dans un schéma d’une grande complexité.
Après avoir longtemps tergiversé, du fait de ses propres difficultés financières, l’Etat a confirmé en juin 2026 son soutien financier au projet de lignes LGV Bordeaux/Toulouse à hauteur de 40% du coût total (soit environ 6 milliards €) , dans le cadre d’un portage 100 % public dit « conception-réalisation ».
Le plan de financement destiné à la réalisation de la phase 1 du projet de Ligne Nouvelle du Sud Ouest Bordeaux/toulouse/Dax (LNSO anciennement GPSO), a été adopté le 18 février 2022 et co-signé par l’Etat, 25 collectivités territoriales d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine , SNCF Réseau, et SNCF Gares & Connexions.
Ce plan prévoit un financement à parité entre l’État et les collectivités à hauteur de 40% chacun, les 20% restants étant attendus de l’Union européenne.
Cette phase 1, d’un montant total estimé en 2022 de 14 milliards € , comporte :
– les Aménagements Ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB), en cours de réalisation, pour un montant estimé de de 900 millions €
– Les Aménagements Ferroviaires au Nord de Toulouse (AFNT), en cours de réalisation, pour un montant estimé de de 900 millions €
– la réalisation de la ligne nouvelle Bordeaux/Sud Gironde , pour un montant estimé de 1,9 milliards €
– la réalisation de la ligne nouvelle Sud Gironde/Toulouse , pour un montant estimé de 6,6 milliards €
– la réalisation de la ligne nouvelle Sud Gironde/Dax , pour un montant estimé de 3,7 milliards €
Ce plan de financement du projet repose sur trois types de ressources :
– les contributions apportées par les collectivités territoriales membres de la SGPSO, pour 40% du coût prévisionnel, soit 5,6 milliards € ;
– la contribution apportée par l’État à parité avec les collectivités, pour 40%, soit 5,6 milliards € ;
– les subventions attendues de l’Europe, à hauteur de 20%, soit 2,8 milliards €. Il est également attendu que SNCF Réseau finance le GPSO via le résultat d’exploitation.
Les contributions des 25 collectivités comprennent deux composantes :
– les contributions budgétaires, pour 70% (soit 28% du coût total du projet) ;
– la fiscalité locale dédiée au projet, pour 30% (soit 12% du coût total du projet).
Un élargissement du financement a été acté en 2023 et 2024 :
• En 2023, entre en application la taxe spéciale d’équipement (TSE) créée par l’article 103 de la Loi de finances initiale pour 2022, pour un produit à hauteur de 24 millions d’euros fixé. Il s’agit d’une taxe additionnelle aux taxes locales, à savoir les taxes et cotisations foncières payées par les particuliers et les entreprises ainsi que la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
• À partir de 2024, tel qu’inscrit dans la Loi de Finances 2023, le produit de la TSE augmente de 5,5 millions d’euros et une taxe spéciale complémentaire sur les contributeurs assujettis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) est créée pour 21,5 millions d’euros de produit fixé (article 77), ainsi qu’une taxe additionnelle à la taxe de séjour, pour 11 millions d’euros de recettes escomptées (article 76).
Après de longues tergiversations l’Etat a confirmé en juin 2026, son soutien financier au projet à hauteur de 40% (soit près de 6 milliards €) du coût total estimé en 2026 à 15,5 milliards € [1]
La Métropole bordelaise est, avec 505,7 millions € (soit 12,27% du montant total de la part des collectivités), le cinquième contributeur du projet de LGV Bordeaux/Toulouse (LNSO), après le Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine, qui mise 568,6 millions d’euros. [2]
A noter que le Conseil départemental de Gironde, est engagé à hauteur de 112,3 millions € dans le financement du projet LNSO, qui se rajoutent aux 145 millions € apportés au financement de la LGV Tours/Bordeaux, soit un total de 257,2 millions € pour ces 2 projets ferroviaires qui ne relèvent pas des missions d’un département.
Les déboires du trafic ferroviaire par ces temps de canicule, n’ont apparement pas refroidi les ardents défenseurs du projet de LGV LNSO.
A consulter :
– LGV Non Merci : https://www.lgvnonmerci.fr/financement-du-gpso/
– LGV SEA (Tours-Bordeaux) : contribution financière de la Gironde https://www.sepanso33.org/spip.php?article49
Echos médiatiques
– La justice confirme le financement de la LGV Toulouse-Bordeaux… remis en question par le gouvernement. Clara Lenôtre et Simon Barthélémy. 29/07/2025. Rue89 Bordeaux.
https://rue89bordeaux.com/2025/07/la-justice-confirme-le-financement-de-la-lgv-toulouse-bordeaux-remis-en-question-par-le-gouvernement/
Mise en ligne du 29 juin 2026
Mise à jour du 22/07/2026
[1] LGV Bordeaux-Toulouse/Dax : l’État s’engage à payer et renonce au partenariat public-privé, la LGV sur les rails. Xavier Sota. Sud Ouest. 24/06/2026 https://www.sudouest.fr/economie/lgv/info-sud-ouest-lgv-bordeaux-toulouse-dax-l-etat-s-engage-a-payer-et-renonce-au-partenariat-public-prive-la-lgv-sur-les-rails-29565443.php
[2] A noter que la Métropole bordelaise, appelée alors Communauté Urbaine de Bordeaux, avait signée en 2011 la convention de financement du projet de LGV Tours Bordeaux, où elle s’était engagée à verser 129 millions €.
Au final, donc , la métropole bordelaise aura investi 634,7 millions € dans les travaux des lignes LGV Tours/Bordeaux/Toulouse, montant équivalent à celui des travaux de construction (phase1) du réseau de tramway.
SEPANSO Gironde