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Escale portuaire de Grattequina à Parempuyre (Gironde) : enjeux environnementaux des travaux 2011-2015

mercredi 12 mars 2025

Inutilisé depuis les années 1950, l’escale portuaire de Grattequina a fait l’objet d’importants travaux de modernisation en 2011-2015, menés par le Grand Port Maritime de Bordeaux, visant à relancer son activité (importation de granulats, exportation d’éoliennes…)
Les quelques 15 millions d’euros de travaux portés par l’Union Européenne, l’Etat, le Conseil régional, le Conseil général, la Communauté Urbaine de Bordeaux et le Grand Port Maritime de Bordeaux, n’ont pas permis de réactiver cette 7ème escale portuaire dans l’estuaire de la Gironde et située à 8km de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne.
Le terminal de Grattequina est situé au milieu d’espaces naturels sensibles et agricoles, éloignés de toute urbanisation, et les travaux réalisés pourraient enclencher à terme une dynamique d’artificialisation d’un secteur à fort intérêt patrimonial.

Contexte
Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a tenté de réactiver, par d’importants travaux réalisés de 2011 à 2015, le terminal portuaire de Grattequina, inutilisé depuis les années 50.
Ce terminal, est situé sur la rive gauche de la Garonne, au coeur d’un site de 119 ha, à cheval sur les communes de Parempuyre et de Blanquefort appartenant toutes deux à Bordeaux Métropole, et à seulement 8 km de Bordeaux.
Il était attendu de ces travaux importants une relance de l’activité portuaire, par l’exportation de pales d’éoliennes ou l’importation de granulats.

Travaux réalisés en 2011
Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a réalisé en 2011, une première phase de travaux, d’un montant de 1,1 millions € HT afin de permettre l’exportation de pales d’éoliennes. Ces travaux ont consisté en la construction d’une estacade et d’un viaduc d’accès à celle-ci. Cet équipement portuaire n’a jamais été utilisé, car aucune pale ne s’y est jamais rendue.

Travaux réalisés en 2013-2015
Les travaux réalisés en 2014-2015 ont consisté en :
 la transformation de l’estacade réalisée en 2011 en une plate-forme d’accostage en béton de 121 mètres de long et 31 mètres de large fondée sur 122 pieux et reliée à la berge par deux « viaducs » d’accès,
 le creusement d’une souille de 230 mètres de long sur 30 mètres de large (permettant l’accueil de navires de 11,50 mètres de tirant d’eau et de 40.000 tonnes de déplacement),
 le remblaiement et nivellement de la berge sur 6,5 hectares,
 la réhabilitation des enrochements sur environ 250 mètres,
 la reprise du revêtement d’une voie d’accès existante (400 mètres) qui relie le site à la route départementale RD 209.
Ces travaux d’un montant de 13,7 millions € HT, ont été portés par l’Union Européenne, l’Etat, le Conseil régional, le Conseil général, la Communauté Urbaine de Bordeaux et le Grand Port Maritime de Bordeaux. Destiné à favoriser l’importation de granulats par voie maritime.
Ces travaux ont nécessité le déroulement de procédures environnementales préalables.

Avis de l’Autorité Environnementale
Dans son avis délibéré du 4 septembre 2013, l’Autorité Environnementale (CGEDD) a souligné les importants enjeux environnementaux du projet, liés :
  à la zone humide dans laquelle s’insère le terminal portuaire projeté
  à la présence dans cette zone d’espèces floristiques et faunistiques protégées, notamment l’Angélique des estuaires (Angelica heterocarpa)
  au fleuve « La Garonne » (partie situées à l’amont de l’estuaire de la Gironde), classé en site Natura 2000 au titre de la directive « Habitat, faune, flore » et abritant plusieurs espèces de poissons amphihalins (effectuant des migrations entre les milieux marin et les eaux continentales)
  aux impacts possibles du projet sur les risques d’inondation
  aux nuisances susceptibles d’être induites par les transports routiers
Pour l’Autorité Environnementale, le principal impact du projet est d’engager très probablement une dynamique d’artificialisation dans une zone de 120 ha environ, en bordure de Garonne, réunissant en grande partie les critères de caractérisation d’une zone humide, et présentant sur une partie de cette surface un fort intérêt patrimonial.

Enquête publique
Une enquête publique "Loi sur l’eau" s’est déroulée du 4 novembre au 4 décembre 2013, se concluant par un avis favorable du commissaire enquêteur.
En raison de ses impacts négatifs prévus et prévisibles sur l’environnement et les zones humides, la SEPANSO Gironde a exprimé un avis défavorable au projet présenté par le Grand Port Maritime de Bordeaux, jugeant notamment que celui-ci dispose déjà de nombreux terminaux sous-employés où exercer son activité.

Conclusion
Les travaux réalisés en 2011-2015 par le Grand Port Maritime de Bordeaux, n’ont pas permis de réactiver le terminal portuaire de Grattequina, mais pourrait enclencher à terme une dynamique d’artificialisation d’un secteur à fort intérêt patrimonial, malgré les dénégations de son directeur en 2022 "Point de zone industrielle cela dit, rassure Jean-Frédéric Laurent" [1]

Echos médiatiques
 Port de Bordeaux : deuxième phase de travaux pour le terminal de Grattequina
Sud Ouest 16/06/2014
https://www.sudouest.fr/economie/port-de-bordeaux-deuxieme-phase-de-travaux-pour-le-terminal-de-grattequina-8918208.php

Mise à jour du 04/12/2013
Mise à jour du 16/05/2025

Portfolio


[1Gironde : le quai de Blanquefort-Parempuyre va-t-il enfin servir à quelque chose  ?
Caroline Ansart. Sud Ouest 15/06/2022.
https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/gironde-le-quai-de-blanquefort-parempuyre-va-t-il-enfin-servir-a-quelque-chose-10641798.php