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Centrale photovoltaïque de Cestas : course au gigantisme dans la forêt

samedi 10 juillet 2021

Les nouveaux parcs photovoltaïques géants, comme celui de Constantin à Cestas dans la banlieue ouest de Bordeaux, qui se développent au détriment de la forêt et des espaces naturels, n’ont de pertinence écologique, que s’ils conduisent à arrêter parallèlement des réacteurs nucléaires, comme ceux de la centrale nucléaire veillissante et dangereuse du Blayais.
Encore faut-il aussi que l’électricité dite "verte" produite aux dépens de la forêt, ne serve pas à des usages dégradés comme l’alimentation des panneaux publicitaires numériques ou le chauffage des terrasses de café...

Implanté sur 267 hectares de territoires forestiers et d’une puissance installée de 300 MWc, le parc photovoltaïque de Constantin à Cestas (en cours de construction), est paraît-il l’un des plus grands d’Europe. [1].
Il rejoint celui de Gabardan s’étendant sur plus de 360 hectares de la forêt des Landes, dans la liste de ces nouveaux mastodontes industriels implantés en pleine nature
Au-delà des discours convenus sur l’intérêt écologique de ces installations, il ne faut pas perdre de vue qu’elles contribuent aussi à l’artificialisation des sols, à la fragmentation des territoires, et à un appauvrissement de la biodiversité.
Contrairement à la forêt qu’il remplace, ce genre d’installation ne constitue pas un puits de carbone, mais un moyen de produire de l’électricité dite "décarbonée", une fois amorties les émissions produites et l’énergie consommée pour la fabrication, le transport et le montage de la centrale photovoltaïque.
Le temps d’amortissement de cette "énergie grise" est de l’ordre de quelques années, et dépend de nombreux facteurs, notamment du contenu carbone de l’énergie utilisée pour la fabrication des modules au silicium (qui sont réalisés pour la plupart en Chine). [2]

A noter qu’un suivi à posteriori du bilan énergétique et écologique de ces centrales, n’est pratiquement jamais réalisé.
Malgré les discours étatiques préconisant l’installation des panneaux photovoltaïques sur les surfaces déjà anthropisées (parking, toitures des grandes surfaces et des entrepôts logistiques...), force est de constater que c’est bien la nature sous toute ses formes (territoires naturel et forestiers... ) qui paie au prix fort le développement de cette nouvelle forme de production d’énergie électrique destinée à satisfaire notre avidité sans cesse croissante, en énergie.
Absence de relief, disponibilité des sols et ensoleillement, contribuent à faire de l’Aquitaine et de la Gironde, l’eldorado de l’industrie photovoltaïque.
Jusques-à quand ?
Bref historique
Ce projet de parc photovoltaïque géant de Constantin à Cestas a été initié en 2009 par First Solar et EDF Energie Nouvelle, et s’appuyait sur la technologie très contestée de panneaux au tellurure de cadmium, dont la production était envisagée à Blanquefort.
 Une enquête publique préalable à la délivrance de l’autorisation de drainage avec rejet des eaux dans les territoires naturels, s’est déroulée du 20 juin 2010 au 23 juillet 2010, et s’est conclue par un avis favorable du commissaire enquêteur.
 Une enquête publique préalable à la délivrance de l’autorisation de procéder au défrichement de 248 hectares de forêt, s’est déroulée du 20 juin 2010 au 23 juillet 2010, et s’est conclue par un avis favorable du commissaire enquêteur
Après quelques atermoiements, le projet a été relancé par un autre industriel, et a fait l’objet d’une nouvelle enquête publique du 11 février au 13 mars 2013. Cestas voit ainsi un vieux projet arriver à son terme, puisque le parc photovoltaïque reprend le site qu’avait fait défricher il y a cinq ans le groupe américain First Solar pour y implanter une centrale solaire.

Un projet 100% français ?
Cette centrale d’un coût de 300 millions € est selon son promoteur, un projet très "français".
A noter cependant quelques exceptions :
 Un million de modules au silicium cristallin de 305 Wc, fabriqués en Chine
 3 800 boîtiers de jonction DC
 200 PV Box = 400 onduleurs 680 kVA + 200 transformateurs 1360 kVA (assemblés et fabriqués en Espagne)
 2 transformateurs 140 MVA
 5 000 kilomètres de câbles
 6,4 kilomètres de clôture
 204 000 vis de fondation et 16 544 tables (33 000 tonnes) , fabriquées en Allemagne par la société Kriller [3]
 100 000 fusibles
 Le tout monté par des équipes hongroises

Selon les promoteurs du projet, la centrale photovoltaïque "géante" de Cestas vise à concurrencer le nucléaire [4]
Prenons-les au mot !
Effectivement les sacrifices environnementaux liés à ce genre de projet n’ont de sens, que si l’on supprime parallèlement d’autres installations plus dangereuses, comme le nucléaire.
Qu’attend-on pour arrêter définitivement l’un des 4 réacteurs de la centrale vieillissante du Blayais, en contre-partie de ces centrales photovoltaïques au sol qui s’étalent dans la forêt girondine ?
Cela paraît d’autant plus facile, que la région Aquitaine est largement excédentaire en production d’énergie électrique.

Echos médiatiques
Titanesque ! La centrale photovoltaïque de Cestas, en Gironde.
Baptiste Clarke. Actu Environnement. 06/07/2015
http://www.actu-environnement.com/ae/news/centrale-solaire-photovoltaique-cestas-bordeaux-24900.php4#video&xtor=EREC-107

Mise à jour du 31/08/2021

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