Accueil > Dossiers > Energie-climat > Réchauffement climatique > COP21 : décisive pour le climat ?

COP21 : décisive pour le climat ?

mardi 9 janvier 2018

Alors que le réchauffement planétaire a atteint 1°C en 2015, l’objectif de l’accord de Paris de limiter ce réchauffement à 2°C voire à 1,5°C d’ici la fin du siècle, ne paraît pas crédible en l’absence de contraintes chiffrées d’émissions mondiales de CO2 et de budget carbone global.

Un accord cadre a été adopté lors de la 21ème conférence des Parties (COP21) qui s’est déroulée à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015.
Cet accord vise à "contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels".
Cet objectif ne paraît pas crédible, en l’absence de contrainte d’émissions mondiales de CO2 et de budget carbone global, et alors que le réchauffement planétaire a atteint en 2015,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.
Pour de nombreux observateurs ," il n’y a aucune chance que le réchauffement en cours soit contenu sous la barre de 1,5°C. Cet objectif inscrit dans l’accord est hors d’atteinte." [1]
Cet échec climatique [2] était redouté dans la mesure où il n’a jamais été question de remettre en cause les dogmes économiques actuels s’appuyant notamment sur la croissance économique et l’hypermobilité des personnes et des biens [3].

Cette COP21 privilégie, comme les 20 conférences climatiques précédentes, la technologie, l’innovation, le concept de développement durable et le Marché pour résoudre les problèmes climatiques , tout en excluant l’option d’un renoncement même partiel à exploiter le stock d’énergie fossile (charbon, gaz naturel et pétrole) présent dans la sous-sol : cette vision des choses a malheureusement démontré, depuis 25 ans, son peu d’effet sur la maîtrise des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Bref, cet accord signé à l’arraché le 12 décembre 2015, et basé sur un consensus mou entre 195 acteurs, suscite moins l’euphorie que l’effarement, face à la gravité de la situation climatique [4].

Pour couronner le tout, les faibles avancées de la COP21 ne sont pas mêmes sûres d’être entérinées un jour, puisqu’au-delà de la signature de l’accord, prévue le 22 avril 2016 à New York, celui-ci doit être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre pour entrer en vigueur.
Certains comparent cet accord de Paris à un "Munich Climatique" [5].
Pour d’autres, "l’avenir dira si la COP21 a constitué le début d’une extraordinaire ambition ou la fin d’une ultime mystification." [6]

A consulter :
 Arctic Climate : positive narrative ? 18/12/2015
http://www.rcinet.ca/eye-on-the-arctic/2015/12/18/ice-blog-arctic-climate-positive-narrative/

Mise à jour du 26/01/2016

Daniel Delestre


[2COP21 : un immense succès diplomatique, mais un échec climatique. Frédéric Lewino. Le Point.13/12/2015
http://www.lepoint.fr/environnement/cop21-un-immense-succes-diplomatique-mais-un-echec-climatique-13-12-2015-1989602_1927.php

[3C’est ainsi que les émissions liées au trafic international aérien et maritime, qui représentent près de 8% des émissions de GES globales , ne sont soumises à aucune contraintes car exclues de l’accord

[6Nicolas Hulot : « Je suis frappé par l’indigence des partis politiques sur le climat » Le Monde. 10/01/2016. http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/09/nicolas-hulot-je-suis-frappe-par-l-indigence-des-partis-politiques-sur-le-climat_4844284_3244.html