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Crime climatique contre l’humanité

jeudi 2 mai 2019

En ce mois de juin 2017, l‘Aquitaine et la France ont suffoqué sous une vague de chaleur intense et inhabituelle [1]. Cet épisode de canicule précoce préfigure ce que nous subirons encore plus violemment dans le futur, si les tentatives de gouvernance climatique mondiale échouent.
Nous savions [2] que l’Accord de Paris sur le climat, adopté dans l’euphorie générale par 195 Etats en décembre 2015 et ratifié en novembre 2016, était fragile vu la faiblesse de ses contraintes juridiques. Mais le coup porté par les Etats-Unis, à la lourde responsabilité climatique en raison de l’importance de leurs émissions passées et actuelles, est rude et particulièrement irresponsable. M. Donald Trump, businessman fraichement élu président de la première puissance économique mondiale et climato-sceptique notoire, a en effet annoncé le 1er juin 2017, la décision de retirer son pays de cet Accord. Il a réaffirmé, ce que d’ailleurs beaucoup pensent tout bas sans oser le proclamer, la primauté des intérêts économiques de son pays face aux intérêts vitaux de l’humanité menacés par les changements climatiques d’origine anthropique.
Ce ne sont pas les protestations de quelques états américains et de riches industriels qui effaceront ce mépris cynique pour les millions de victimes actuelles et à venir des conséquences du réchauffement ! Pire, le gouvernement Trump a donné des instructions pour effacer les archives climatiques du site internet de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et pour diminuer drastiquement les financements fédéraux des études climatiques, ce qui rappelle étrangement certaines pratiques de pays totalitaires qui effaçaient soigneusement les traces de leurs crimes. [3] [4]
« Casser le thermomètre » est sans nul doute le moyen le plus stupide de guérir de la fièvre.
Alors que le réchauffement planétaire montre des signes évidents d’accélération, prémices d’une aggravation des risques climatiques, la décision du président des Etats-Unis, soutenu par son compère Wladimir Poutine, s’apparente, pour beaucoup, à un crime contre l’humanité [5] .

En dénonçant haut et fort la décision du président des Etats-Unis et en invitant les experts climatiques américains à travailler en France, le président Macron sauve l’honneur de la France et du monde occidental, même si sa démarche n’est pas exempte d’opportunisme électoral et médiatique.
Il y a un grand pas à franchir entre l’observation du réchauffement et une lutte efficace pour la sauvegarde du climat, comme il y a un grand pas entre la connaissance de la biodiversité et sa protection. L’expérience passée montre que cette sauvegarde du climat passe par un changement de modèle économique. Notre ministre de la transition écologique et solidaire, M. Nicolas Hulot, qui a compris beaucoup de choses, saura-t-il convaincre notre président « Jupitérien » de la nécessité de ce changement de logiciel, afin de préserver Gaïa des ardeurs d’Hélios ? Ou bien servira-t-il principalement de vitrine écologique ?
La réponse nous sera donnée par les prochaines décisions structurantes du nouveau gouvernement. [6]

D. Delestre
Date de mise en ligne : 28/06/2017
Mise à jour du 21/04/2020


[2Cf SON N°172 : « Climat : gare aux girouettes ! »

[3Les scientifiques américains, cible d’une chasse aux sorcières. Arnaud Leparmentier. Le Monde. 24-25-26 décembre 2017.
http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/23/les-scientifiques-americains-cible-d-une-chasse-aux-sorcieres_5233983_3210.html

[4Face à la pandémie de Coronavirus, M. Donald Trump a démontré une nouvelle fois en 2020 son cynisme et sa capacité à mentir, ou à détruire le thermomètre de l’OMS. "10 des mensonges de Donald Trump sur le coronavirus". Ryan Grenoble. Huffpost.

[5M. Nicolas Hulot a notamment déclaré le 31/03/2017 : « Si un jour la notion d’écocide est reconnue en droit international, Donald Trump sera coupable de crimes contre l’humanité. »

[6Lassé de l’inertie de la technostructure, des atermoiements du gouvernement et des combats d’arrière-garde des lobbies de tout poil, M. Nicolas Hulot a démissionné avec fracas de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire, le 28/08/2018.