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LGV GPSO : nouveau fiasco de la démocratie participative

mardi 8 novembre 2016

Contournant l’avis défavorable de la commission d’enquête et l’opposition quasi-unanime du public consulté, le gouvernement [1] a fini par signer le 2 juin 2016, le décret déclarant d’utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation des lignes ferroviaires à grande vitesse Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax.
Cette décision en dit long sur le non-respect par l’Etat, de la démocratie participative qu’il a pourtant souhaité renforcer après le drame de Sivens.
Alors que la Cour des Comptes a pointé les limites de la grande vitesse ferroviaire, ce décret autorisant un nouveau projet de LGV souligne les contradictions régnant au sein de la haute administration française à ce sujet.
L’avis défavorable prononcé le 27 mars 2015 par la commission d’enquête constitue un évènement rarissime dans ce genre de grand projet, et ses arguments seront précieux dans le recours au Conseil d’Etat que prépare activement la SEPANSO.
Par sa décision, le gouvernement a méprisé l’expression citoyenne qui avait rejeté massivement ce projet ferroviaire, lors des débats publics de 2005 et de 2006, lors de la longue pseudo-concertation menée par RFF et lors de l’enquête publique.
Comment le nier, ce décret a constitué une grosse déception pour tous ceux et celles qui contestent depuis plus de 10 ans un projet si néfaste pour l’environnement des 5 départements traversés, malgré les dénégations du maître d’œuvre. Avec ses quelque 5000 hectares, l’emprise du projet de LGV GPSO représente plus de 3 fois celle de l’aéroport de Notre Dame des Landes !
Cette tentative de passage en force constitue aussi une déception pour ceux qui croyaient en la sincérité des déclarations gouvernementales en faveur de la démocratie participative.
Déception ne veut pas dire abattement, car le match n’est pas terminé. D’autres manches se profilent à l’horizon. Manches juridiques, car les opposants sont déterminés à utiliser tous les moyens de droit pour contrer le projet. Et manches financières car, jusqu’à preuve du contraire, nul ne sait comment boucler le financement des 9 milliards d’euros du projet. Nous saurons rappeler en temps utile à la Commission Européenne qu’elle ne doit pas soutenir financièrement un projet dont le tracé est incompatible avec la préservation de la biodiversité et des ressources en eau des territoires concernés.
D’autres moyens « non conventionnels » sont envisagés par certains, pour ralentir voir bloquer le projet, tels l’achat en indivision de terrain situés sur le tracé ou bien l’installation d’une ZAD. [2]
Bref, l’avenir du projet GPSO n’est pas aussi rectiligne que le prétend M. Vidalies [3] .

D. DELESTRE
13/09/2016


[1Le décret a été signé par Mme Royal (Ministre de l’environnement et réfractaire aux projets de LGV Poitiers/Limoges et Bordeaux/Tours) et M. Vidalies (secrétaire d’État chargé des Transports, ancien député des Landes et premier adjoint de la mairie de Mont de Marsan, directement concerné par le projet de LGV Bordeaux/Dax)

[2La Coordination Vigilance LGV a révélé le 26/05/2016 l’acquisition en 2011 de deux parcelles d’une surface totale de 1 868 m2 achetées en indivision par 140 personnes sur le tracé pressenti de la LGV en Sud-Gironde.

[3M. Vidalies a annoncé qu’il escomptait une mise en service de la LGV Bordeaux/Toulouse en 2024 et la LGV Bordeaux/Dax en 2027