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LGV GPSO (Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax) : 3 dossiers d’enquêtes publiques pharaoniques

samedi 27 février 2016

3 dossiers d’enquêtes publiques pharaoniques pour un projet pharaonique.
Trop c’est trop !
Le public et les commisseurs enquêteurs ne se sont pas laissés trompés, et ont largement rejeté le projet.

Le projet de lignes ferroviaires à grande vitesse (Bordeaux/Dax et Bordeaux Toulouse) a nécessité le déroulement de 3 enquêtes publiques simultanées qui ont mobilisé 28 commissaires enquêteurs : un record en la matière !
Ces enquêtes publiques se sont déroulées simultanément en région Aquitaine et en région Midi-Pyrénées.
Elles concernaient :
 les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB),
 les projet de lignes nouvelles Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Dax
 les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse (AFNT) [1].

Dossiers d’enquêtes publiques
Les 3 dossiers soumis à enquêtes publiques ont été aussi pharaoniques que le projet, puisque l’on pouvait compter près de 10 000 pages pour chacun des projets AFNT et AFSB, et près de 17 000 pages pour le projet de Lignes Nouvelles. L’analyse des éléments de langage des dossiers, montre une utilisation intensive de certains termes et concepts bateau, comme "développement durable" [2], "croissance" [3], "mobilité" [4] ou "développement des territoires" [5], relevant des méthodes de la propagande publicitaire, fort éloignées de l’information loyale et sincère que l’on est en droit d’attendre de la part d’un établissement public comme Réseau Ferré de France (RFF), intégré aujourd’hui au sein de SNCF Réseau.
RFF use et abuse dans ses dossiers du terme "mobilité", marqueur d’une idéologie mobilitaire de plus en plus contestée. [6]
Le comble de cynisme est atteint quand RFF assure aux 190 000 citoyens des 78 communes traversées par les projets [7] et qui verront passer les TGV, que ces projets permettront le développement de leur territoire et facilitera leur mobilité quotidienne, alors que les retours d’expérience montrent que c’est l’inverse qui se produit dans les communes traversées par ce genre d’infrastructure.


[1L’enquête publique relative aux aménagements ferroviaires au nord de Toulouse a été prolongée jusqu’au 07/01/2015 http://www.haute-garonne.gouv.fr/content/download/12238/85744/file/Avis%20prolongation.pdf

[2L’expression "développement durable" est utilisée 2399 fois dont :
 548 fois dans 40 documents du Dossier AFNT
 576 fois dans 37 documents du Dossier AFSB
 1275 fois dans 100 documents du Dossier Lignes Nouvelles

[3Le mot "croissance" est utilisé 1716 fois , dont :
- 552 fois dans 37 documents du Dossier AFNT
- 526 fois dans 33 documents du Dossier AFSB
- 638 fois dans 80 documents du Dossier Lignes Nouvelles

[4Le mot "mobilité" est utilisé 1584 fois, dont :
 456 fois dans 30 documents du Dossier AFNT
 443 fois dans 30 documents du Dossier AFSB
 761 fois dans 90 documents du Dossier Lignes Nouvelles

[5L’expression "développement des territoires" est utilisée 233 fois, dont :
 54 fois dans 17 documents du Dossier AFNT
 56 fois dans 17 documents du Dossier AFSB
 123 fois dans 79 documents du Dossier Lignes Nouvelles

[6« L’idéologie mobilitaire ne met en avant, et au-dessus de tout, que des vertus. La mobilité doit ainsi être entendue comme ce qu’elle se défend d’être : une catégorie qui fait croire. Elle projette une représentation du monde conçue par les élites. A partir de faits souvent minoritaires, elle privilégie le monde tel qu’il devra (it) être sur les rapports socio-temporaux tels qu’ils sont, en déclinant pour cela des chiffres qui donnent l’impression d’un phénomène total. Pourtant la majorité de la population vit sans cette représentation et hors d’elle. »
Prisonniers de la mobilité. S. Borja, G. Courty et T. Ramadier. Le Monde Diplomatique. Janvier 2015.

[7Il s’agit des 78 communes concernées par l’enquête de mise en compatibilité des Plans Locaux d’Urbanisme, dont 27 en Gironde (79 000 habitants concernés), 10 en Haute-Garonne (32 000 habitants concernés), 14 en Lot-et-Garonne (29 000 habitants concernés), 18 en Tarn-et-Garonne (41 000 habitants concernés) et 9 dans les Landes (9000 habitants concernés