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Surproduction d’électricité en Nouvelle Aquitaine

vendredi 15 mars 2019

La production d’électricité en région Nouvelle Aquitaine est largement excédentaire, ce qui conduit à en exporter (dans d’autres régions françaises et en Espagne) plus de 27% en 2017.
La croissance des énergies renouvelables n’a de sens que si elle est associée à la fermeture programmée de réacteurs nucléaires des centrales de Civaux et du Blayais, ainsi qu’à la baisse de consommation des énergies fossiles et, bien sûr, à la sobriété énergétique.

Selon les données de RTE, le bilan électrique de Nouvelle Aquitaine, s’établit ainsi en 2017 :
 Consommation d’électricité : elle s’est stabilisée à 39,5 TWh
 Production d’électricité : elle s’établit à 54,3 TWh, en hausse de 5% par rapport à 2016. La production d’électricité est largement excédentaire par rapport à la consommation.
La région Nouvelle Aquitaine est exportatrice de 14,8 TWh soit environ 27% de sa production d’électricité. [1]
Ces 14,8 TWh représentent la production annuelle de 2 des 6 réacteurs nucléaires en activité en Nouvelle Aquitaine (4 à Braud et 2 à Civaux)

Part des différents moyens de production
 nucléaire : 45,1 TWh soit 83% de la production totale, avec un parc de 6,5 MWe (soit une production moyenne annuelle de 6940 MWh, par MWe de puissance installée)
 thermique : 1 TWh
 Hydraulique : 2,8 TWh

 Eolien : 1,2 TWh avec un parc de 875 MWc, soit environ 430 éoliennes ;
Porter la part de l’énergie éolienne à environ 50% de la production d’électricité d’origine nucléaire (soit environ 22,55 TWh) nécessiterait de multiplier par 17 le parc éolien existant en Nouvelle Aquitaine.

 Solaire : 2,5 TWh, avec un parc de 2045 MWc (représentant une surface d’environ 3000 hectares de panneaux photovoltaïques) [2], soit une production moyenne annuelle de 1222 MWh, par MWc de puissance installée
En l’état actuel de la technologie, une puissance solaire installée de 5000 MWc (exigeant une surface totale de panneaux solaires d’environ 7500 ha) est nécessaire pour produire annuellement autant d’électricité que l’un des 4 réacteurs de 900 MWe de Braud-Saint-Louis. Le remplacement d’un des 2 réacteurs de 1450 Mwe de la centrale de Civaux, exigerait une puissance solaire installée de 8000 MWc (soit environ 12000 ha de panneaux solaires).
Porter la part de l’énergie photovoltaïque à environ 50% de la production d’électricité d’origine nucléaire de Nouvelle Aquitaine exigerait une surface d’environ 26 000 ha de panneaux.
La consommation d’espaces naturels agricoles et forestiers (NAF) pour y installer des centrales photovoltaïques au sol, n’est pas neutre environnementalement. Ce sont avant tout des installations industrielles en pleine nature, avec leurs clôtures, leurs onduleurs, leurs lignes à haute tension, leurs voies d’accès... Elles réduisent aussi à quasiment zéro la fonction de captage du carbone atmosphérique par les plantes et les sols. [3] Ce qui paraît assez incompatible avec les préconisations du dernier rapport du GIEC, en faveur d’une reforestation massive des sols.
A titre d’exemple, le bilan carbone d’un projet photovoltaïque sur 58 hectares d’espaces forestiers à Escaudesen Gironde, s’avère bien piètre.

 Bioénergies : 1,6 TWh

Les installations de production d’énergies renouvelables ayant, elles aussi, un impact non négligeable sur l’environnement, leur développement exige une contrepartie en Nouvelle Aquitaine : la programmation en parallèle de l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires des 2 centrales du Blayais et de Civaux.

Paradoxe du SRADDET
Alors que l’énergie nucléaire représente 83% de la production d’électricité de Nouvelle Aquitaine, elle est exclue de la concertation en cours, sur le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Ce qui affaiblit considérablement l’intérêt et la portée du SRADDET.

La croissance des énergies renouvelables, n’est pas une fin en soi, si ce n’est pour les lobbies industriels concernés. [4]. Elle doit être associée à une sortie progressive et simultanée du nucléaire ainsi que des énergies fossiles, dans le cadre d’une mise en oeuvre d’une politique ambitieuse de sobriété énergétique se traduisant par une baisse généralisée des consommations d’énergie.
Si tel n’est pas le cas, la transition énergétique ne demeurera alors qu’un leurre.

A consulter :
 Cartes des projets éoliens Nouvelle Aquitaine
 Appel d’offres photovoltaïque en Nouvelle Aquitaine
https://carto.sigena.fr/1/photovoltaique2.map
 Energies renouvelables. DREAL Nouvelle Aquitaine
 Panorama de l’électricité renouvelable en 2018. SER.
 Projet d’interconnexion électrique France/Espagne. RTE.
https://www.rte-france.com/fr/projet/golfe-de-gascogne
 L’Ademe juge peu bénéfique à long terme l’exportation d’électricité nucléaire https://www.actu-environnement.com/ae/news/ademe-mise-a-jour-etude-mix-electrique-francais-2060-nucleaire-exportations-33261.php4
 Production électrique régionale : ambitions renouvelables. Romain Béteille. Aqui.10/04/2019
http://www.aqui.fr/economies/r%20,18292.html?utm_medium=elettre&utm_source=mail.com&utm_campaign=Lettre%20du%20lundi%20%2015%20%20avril%20%202019

Mise en ligne du 15/03/2019
Mise à jour du 30/04/2019


[1Afin de faciliter l’exportation d’électricité vers l’Espagne, il est actuellement mis en oeuvre un projet d’interconnexion électrique France/Espagne par le Golfe de Gascogne, d’un coût de 1,5 milliard € et cofinancé par l’Union Européenne à hauteur de 578 M€.

[2L’emprise moyenne des centrales photovoltaïques de Gironde est de 1, 5 ha par MWc de puissance installée.

[3Un territoire forestier ou une zone humide sont capables d’absorber environ 15 tonnes de CO2 par hectare et par an.