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Projet de parc photovoltaïque géant Horizéo : un débat public indispensable

mardi 31 août 2021

Le projet Horizéo de plateforme énergétique centrée sur un parc photovoltaïque de 1000 hectares à Saucats en Gironde, va faire l’objet d’un débat public qui s’étalera sur 4 mois, du 9 septembre 2021 au 9 janvier 2022.
C’est une très bonne chose, car ce débat, qui est une première en matière photovoltaïque, devrait permettre d’objectiver les avantages et inconvénients de ce projet prévoyant également des batteries de stockage de l’électricité, une surface destinée à de l’agri-énergie, un électrolyseur destiné à produire de l’hydrogène et un data center.
Placé sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), le débat sera piloté par une Commission Particulière du Débat Public (CPDP) de sept membres présidée par M. Jacques Archimbaud.

Un débat public s’inscrit dans une chaîne de décisions et de procédure. Il a notamment pour vocation, d‘informer le public de manière objective et intelligible, de débattre de l’opportunité, des objectifs et des caractéristiques du projet, de débattre de ses impacts significatifs sur l’environnement et l’aménagement du territoire, et d’examiner les solutions alternatives.
Contrairement à la procédure d’enquête publique, la Commission n’a pas vocation à émettre un avis sur le projet, mais s’assure de la sincérité et de l’exhaustivité des informations transmises au public.
A l’issue du débat, trois options se présenteront aux porteurs du projet (ENGIE, RTE, NEOEN, commune de Saucats) : poursuivre le projet tel quel, le modifier pour tenir compte des avis exprimés lors du débat, ou bien l’abandonner.

La SEPANSO a expérimenté à plusieurs reprises cette procédure de démocratie participative, créée en 1995 [1] et qu’elle soutient et apprécie. C’est ainsi qu‘elle a participé activement à 5 débats publics en Aquitaine [2], où elle a pu largement défendre son point de vue : projet de contournement autoroutier de Bordeaux en 2003, projet de LGV Bordeaux/Toulouse en 2005, projet de LGV Bordeaux/Espagne en 2006, projet de terminal méthanier du Verdon en 2007, et projet de stockage souterrain de gaz naturel à Salins des Landes en 2011. Pour mémoire, 3 de ces projets ont été abandonnés à l’issue du débat.

Lors d’auditions préparatoires au débat Horizéo, la SEPANSO a précisé à la Commission les questions qu’elles souhaitaient voir aborder dans le dossier du maître d’ouvrage et lors des débats. Bien qu’elle soutienne le développement des énergies renouvelables et une sortie programmée du nucléaire, elle a réaffirmé son hostilité au projet concerné, pour des raisons qu’elle explicitera dans un cahier d’acteur.

Remplacer 1000 hectares de forêt par 1000 hectares de panneaux phovoltaïques n’a en effet rien d’anodin en matière environnementale et territoriale, et cela paraït d’autant plus incongru qu’il existe déjà tant de surfaces artificialisées disponibles pour accueillir ces panneaux (parking, hangars logistiques…).

A l’heure où les experts climatiques de GIEC nous exhortent à planter des arbres, pour absorber le gaz carbonique en excès dans l‘atmosphère, relayés par l’Europe et la métropole bordelaise qui soutiennent un programme ambitieux de reforestation et d’afforestation, et quand on connait les multiples fonctions écologiques de la forêt, ce projet de parc photovoltaïque géant constitue plus qu’une faute, mais un crime écologique.

La Chine, qui nous submerge de ses panneaux photovoltaïques, a bien compris tout l’intérêt du bois en siphonnant nos forêts. [3]
Alors que la région Nouvelle Aquitaine produit déjà beaucoup plus d’électricité qu’elle n’en consomme, ce projet Horizéo vise, selon ses promoteurs, à accompagner la croissance attendue de la demande pour la mobilité électrique.
S’engager dans cette voie constitue un risque majeur pour notre forêt, car alimenter en électricité dite „verte“ la totalité du parc automobile francais (40 millions de véhicules), nécessiterait de remplacer des centaines de milliers d’hectares de forêt en champs de panneaux photovoltaïques : une perspective cauchemardesque ! [4]
Et déjà des opérateurs énergétiques trépignent en attendant les résultats du débat public Horizéo, pour officialiser leurs mégaprojets photovoltaïques dans la forêt des Landes de Gascogne et ailleurs.

Les informations sur les dates clefs du débat (réunions publiques, ateliers…), le dossier de projet, les comptes rendus de réunion et les cahiers d’acteurs seront mises en ligne progressivement sur le site du débat. [5]
Nous convions nos adhérents et tous ceux et celles préoccupés par ce projet, à exprimer leur avis sur ce site, à participer à des réunions publiques, et à signer la pétition opposée au projet de parc photovoltaïque Horizéo, qui a déjà reçu plus de 18000 signatures. [6]

D. Delestre
Mise en ligne du 31/08/2021


[1Créée en 1995 par la loi Barnier qui instaure le débat public en France, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) est devenue une autorité administrative indépendante en 2002. Les ordonnances de 2016 ont permis d’élargir sensiblement le champ de ses compétences

[2Participation de la SEPANSO aux débats publics en Aquitaine https://www.sepanso33.org/spip.php?article266

[4Les transports routiers français consomment chaque année environ 42 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep), qui correspondent à 488 TWh. 390 000 hectares de panneaux photovoltaïques, seraient nécessaires pour produire ces 488 TWh, sans compter les immenses champs de batteries indispensables pour stocker l’électricité produite de façon intermittente. L’option nucléaire nécessiterait la construction d’environ 42 réacteurs de 1495 MW.

[5Site du débat public Horizéo : https://www.debatpublic.fr/photovoltaique-horizeo

[6Pétition en ligne : Non à la déforestation de 1000 hectares de pins pour un parc solaire en Gironde
https://www.change.org/p/sepanso-non-%C3%A0-la-d%C3%A9forestation-de-1000-hectares-de-pins-pour-un-parc-solaire