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Energie solaire photovoltaïque en Nouvelle-Aquitaine : vorace en espaces naturels , agricoles et forestiers

dimanche 26 septembre 2021

Meilleure élève de la France en matière d’énergie solaire photovoltaïque, la région Nouvelle-Aquitaine y a sacrifié 3900 hectares d’espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (NAF) entre 2009 et 2020, contrairement aux orientations du SRADDET (règle N°30)
Plutôt que de continuer à consommer ces espaces NAF, qu’attend-on pour privilégier l’installation de ces panneaux photovoltaïques , sur les nombreuses surfaces déjà anthropisées (parkings...) et les gigantesques toitures des entrepôts logistiques qui pullulent ? L’Allemagne semble un exemple à suivre en la matière.

Parc photovoltaïque à fin 2020
Selon RTE [1], le parc solaire photovoltaïque installée en Nouvelle Aquitaine représente une puissance installée de 2754 MW.
La région Nouvelle-Aquitaine possède le premier parc photovoltaïque de France, devant la région Occitanie.
Ce parc a permis une production d’électricité de 3,5 TWh, représentant 7% de la production annuelle d’électricité en Nouvelle Aquitaine, et 9% de la consommation totale d’électricité. Cette production est conforme aux objectifs régionaux définis dans la SRADDET, rappelés ci-après.

Consommation d’espaces
Selon une analyse du ministère de l’Agriculture [2]les installations photovoltaïques au sol, ont consommé 4300 ha à fin 2020, qui se répartissent pour 69 % en espaces forestiers ou naturels, 21 % en terres agricoles - soit un total de 3900 hectares - et 10 % en réhabilitation d’espaces artificialisés. Cette consommation des sols agricoles, naturels et forestiers, est contraire à la régle N°30 et à l’objectif N°51 du SRADDET, indiqués ci-dessous. [3]

Cadrage du développement du parc solaire photovoltaïque en Nouvelle-Aquitaine
Le développement du parc solaire photovoltaïque est encadré par le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) de Nouvelle-Aquitaine adopté par le Conseil régional le 16 décembre 2019, et approuvé par la Préfète de Région le 27 mars 2020.

La règle N°30 précise que le développement des unités de production d’électricité photovoltaïque doit être privilégié sur les surfaces artificialisées bâties et non bâties, ofrant une multifonctionnalité à ces espaces :
Afin de limiter l’atteinte aux espaces naturels, forestiers et aux espaces agricoles à fort potentiel agronomique et sans écarter les unités agri-voltaïques, l’accueil des activités nécessaires à l’essor de l’énergie photovoltaïque doit être privilégié dans les espaces déjà artificialisés bâtis et non bâtis.

La Nouvelle-Aquitaine dispose de nombreuses surfaces artificialisées pouvant accueillir des unités de production d’électricité solaire. A titre d’exemple, elle compte entre 13 000 et 26 000 hectares de parkings aériens (surfaces commerciales et artisanales, zones de stockage industriel, aires routières et autoroutières, établissements d’enseignement et équipements de loisirs et culturels).

Le développement de l’électricité solaire et le rapprochement géographique entre sites de production et de consommation font de ces surfaces, majoritairement sous-utilisées, des sites privilégiés d’installation d’unités photovoltaïques sous la forme d’ombrières.
Les ombrières photovoltaïques permettent une valorisation de l’espace par la multiplication des fonctionnalités :
 Stationnement de véhicules et Bornes de recharge pour véhicules et vélos électriques et, à l’avenir, bornes de recharge hydrogène (power-to-gas).
 Protection des véhicules / passagers contre les intempéries (chaleur, pluie, neige).
 Production d’énergie renouvelable et de proximité.

Objectif 51 : Valoriser toutes les ressources locales pour multiplier et diversifie les unités de prodiction d’énergie renouvelable
Pour atteindre cet objectif global, des objectifs chiffrés sont fixés par source d’énergie, dont pour la production d’électricité d’origine photovoltaïque :
 2015 : 1687 GWh
 2020 : 3800 GWh
 2030 : 9700 GWh
 2050 : 14300 GWh

L’évaluation régionale des surfaces exploitables en PV (hors espaces naturels, agricoles et forestiers, friches et assimilés) recense, a minima, au sol 6 500 hectares de parking disponibles et en toiture (hors logement) 2 500 à 3 700 ha.

Cette potentialité confirme, complétée par une maîtrise des parcs sur sols non artificialisés pour un modèle de développement économe en foncier, une trajectoire réaliste voire mesurée quant à la puissance PV valorisable en Nouvelle-Aquitaine.
Cette trajectoire est retenue dans les objectifs ci-dessus.

La baisse des prix des panneaux photovoltaïques augmente considérablement les possibilités de développement de cette énergie renouvelable notamment à l’échelle locale et sur la base de l’autoconsommation individuelle, collective ou territoriale (en 2017, 47 % des raccordements de PV sur le réseau, en France, pour les installations inférieures à 36 KVA étaient en autoconsommation).
Pour les biens immobiliers bâtis, à l’image de l’impact positif de l’étiquette énergétique sur le prix de revente constaté depuis 2010, la présence d’une installation en autoconsommation devrait apporterune plus-value aux futurs biens immobiliers.

Orientations prioritaires de l’objectif 51 en matière photovoltaïque  :
 La priorisation des surfaces artificialisées pour les parcs au sol : terrains industriels ou militaires désaffectés, sites terrestres d’extraction de granulats en fin d’exploitation, anciennes décharges de déchets (ordures ménagères, déchets inertes …), parkings et aires de stockage …
 La généralisation, à l’échelle communale ou intercommunale, des cadastres solaires ;
 La dynamisation des projets collectifs à valeur ajoutée locale (groupements agricoles, sociétés citoyens-collectivités territoriales …) ;
 Le développement par l’innovation du stockage de l’énergie solaire en lien avec le cluster régional « Energies et stockage ».
 Les documents d’urbanisme facilitent par l’intégration d’une orientation bioclimatique des espaces urbanisables, l’intégration du PV comme bonus de constructibilité et l’inclusion dans leurs principes directeurs, la généralisation des surfaces photovoltaïques en toiture. Elles intègrent le PV comme équipement prioritaire sur les surfaces
artificialisées.

Les grands parcs solaires dans les territoires forestiers, comme le projet HORIZEO de Saucats (33), sont clairement incompatibles avec le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) de Nouvelle Aquitaine.

Mise à jour du 16/11/2021

Portfolio


[3Il est intéressant de comparer la France et l’Allemagne, en matière de production d’électricité d’origine photovoltaïque.
En 2019 , la production d’électricité d’origine photovoltaïque, s’est établie à 11,6 TWh en France, contre 46,5 TWh en Allemagne (soit 4 fois plus) pourtant moins ensoleillée que la France. Ce résultat a été obtenu par l’Allemagne, non pas en favorisant les grands parcs solaires consommateurs d’espaces agricoles, naturels et forestiers comme en France, mais en privilégiant les petites installations en toiture, ou sur les zones anthropisées.