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Rectification de la passe d’entrée de l’embouchure de la Gironde

mardi 22 juillet 2014

Parmi les incidences environnementales du projet :
 destruction de la faune marine pélagique et benthique, lors du dragage (destruction d’habitat et aspiration dans la drague) et lors du clapage (enfouissement des mêmes populations en place)
 destruction, au niveau de la zone d’épandage à terre, sous forme d’un enfouissement précédé d’un nivellement pour environ 37 ha, pour les habitats, la flore et la faune

Dans l’estuaire de la Gironde aux nombreux enjeux environnementaux, le Grand Port Maritime de Bordeaux a entrepris le dragage d’un nouveau chenal de 3,5 km de long sur 300 m de large pour 15 m de tirant d’eau et le dépôt des sédiments récupérés dans une nouvelle zone en mer (6 millions de m3 de sédiments sableux sur 4,6 km2) mis à part 0,6 million de m3 qui serviront au remblaiement d’un ancien dépôt à terre.

Etat d’avancement du projet
 L’enquête publique s’est déroulée du 25 mars au 26 avril 2013.
 L’arrêté interpréfectoral SML/2013/03 du 30/08/2013 (voir fichier ci-dessous), autorise les travaux de draguage et de rectification de la passe d’entrée de l’embouchure de la Gironde, et en précise les conditions de réalisation.
 Une première tranche de travaux, qui s’est déroulée de novembre 2013 à mai 2014, a consisté à creuser la nouvelle passe d’entrée et à lui donner une profondeur de 13,70 m.
 

Dépôt terrestre d’une partie des sables dragués
La commission Flore du Conseil national de protection de la nature examinera le 8 décembre 2014 la demande de dérogation concernant le dépôt terrestre d’une partie des sables dragués dans le cadre de la rectification de la passe d’entrée de l’estuaire de la Gironde qui permettra l’aménagement de la zone franche du secteur industrialo-portuaire du Verdon-sur-Mer en Gironde.
Ce dossier avait déjà reçu un avis défavorable de la commission Faune du 13 janvier 2014 en raison de l’absence de prise en compte de l’Anguille, de l’Esturgeon qui font l’objet de plans d’action et de la Lamproie et de l’absence de pérennité de mesures compensatoires situées dans une zone constructible.
La commission Flore du 29 janvier 2014 avait également rendu un avis défavorable en raison d’une absence de vision globale qui entraîne des manques dans l’analyse des effets du projet et de l’absence de pérennité des mesures compensatoires. La commission avait également relevé de nombreuses erreurs cartographiques.
Les documents afférents aux impacts environnementaux du dépôt terrestre des sables dragués sont consultables à partir du lien suivant :
http://loup.fne.asso.fr/documents/divers/flore-dragage-estuaire-gironde.zip

Synthèse de l’avis de l’autorité environnementale  [1]
Le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) envisage :
 de draguer un nouveau chenal dans la passe d’entrée « ouest » de l’embouchure de la Gironde, afin de maintenir le passage pour le trafic maritime de la zone, menacé par le comblement et le déplacement progressif du tracé du chenal actuel,
 de créer une nouvelle zone de dépôt en mer des sédiments de dragage de ce chenal (sur une surface de 4,6 km2 pour recevoir 6 Mm3 de sédiments sableux),
 et d’utiliser 0,6 Mm3 de ces produits de dragage pour achever de remblayer un ancien dépôt à terre sur le site du Verdon-sur-Mer en vue d’accueillir une éventuelle zone d’activité industrialo portuaire.
L’ouverture du nouveau chenal de 3,5 km de long sur 300 m de large pour 15 m de tirant d’eau sera confiée à une entreprise spécialisée (drague aspiratrice en marche, de grande capacité) sur une période d’environ neuf mois (septembre 2013 à mai 2014).
Dans cet estuaire et sur le site du Verdon-sur-Mer, les enjeux environnementaux sont nombreux :
 l’étude conclut, après modélisation, à l’absence de conséquences du projet sur les rives de l’estuaire (érosion, sédimentation, houle, plus hautes eaux),
 le nouveau site de dépôt en mer aura un impact sur la faune benthique2 par 25 m de profondeur,
 le creusement du nouveau chenal affectera les espèces pélagiques3 et benthiques de l’estuaire,
 le remblai à terre génèrera des effets sur les milieux et les espèces (dont certaines sont protégées) qui ont colonisé un espace en déshérence depuis plus de 40 ans,
Le dragage, le dépôt à terre et le clapage en mer nécessitent une autorisation au titre de la loi sur l’eau. Ils font l’objet d’une étude d’incidences « Natura 2000 ». Le dépôt à terre nécessitera une dérogation au titre des espèces protégées. Les études préalables ont fait l’objet d’un avis du Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde.
Les principales recommandations formulées par l’Ae portent sur :
 la présentation de la prise en compte des recommandations du Conseil scientifique ;
 la présentation des principales informations relatives aux différentes procédures, sous forme d’un document récapitulatif, car les études d’incidences Natura 2000 et en matière de destructions d’espèces protégées sont complémentaires de l’étude d’impact ;
 les compléments à apporter à l’étude d’impact sur le programme d’aménagement portuaire du GPMB au Verdon-sur-Mer dans lequel s’insère le projet, comprenant une évaluation d’ensemble des impacts de ce programme avec la présentation des incidences liées à la création d’une zone destinée à accueillir des activités industrialo portuaires ;
 la présentation des mesures d’évitement, de réduction voire de compensation des impacts liés à la destruction d’espèces et d’habitats protégés, ainsi que les conditions de leur suivi ;
 l’engagement des études sur le renouvellement de l’autorisation des dragages d’entretien du chenal de la Gironde, de sorte que les dragages d’entretien du nouveau chenal soient précédés d’une évaluation environnementale qui n’est pas réalisée dans le présent dossier ;
 la rédaction du résumé non technique, en tenant compte des éléments contenus dans le présent avis, afin qu’il puisse offrir une présentation didactique des caractéristiques majeures du projet, à destination d’un public non averti

Documents soumis à l’enquête publique  :

A lire  :
 Chenal : le bouchon va sauter. Jean-Paul Vigneaud. Sud Ouest. 5/12/2013
http://www.sudouest.fr/2013/12/05/chenal-le-bouchon-va-sauterpas-de-sable-pour-soulac-sur-mer-1249673-2192.php
 Estuaire de la Gironde : ça s’ouvre à l’ouest. Julien Lestage. Sud Ouest. 22/05/2014
http://www.sudouest.fr/2014/05/22/ca-s-ouvre-a-l-ouest-1562602-2780.php

Mise à jour du 01/12/2014


[1Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur la rectification de la passe d’entrée de l’embouchure de la Gironde (33)
n°Ae 2012-57/ n° CGEDD 008530-01 adopté lors de la séance du 24 octobre 2012
http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/121024_GPMB_Passe_entree_Gironde_avis_delibere_cle145617.pdf