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La forêt en Gironde

dimanche 28 mai 2017

La Gironde, un département forestier de tout premier plan mais fragile et vulnérable.

1. Caractéristiques de la forêt girondine.
La forêt couvre 466 000 ha soit plus de 46 % de la superficie du département de la Gironde. Elle est privée à 90 %.
Si la forêt girondine appartient majoritairement au massif des Landes de Gascogne, le massif de Dordogne- Garonne occupe aussi une faible partie du département de Gironde. Dans l’Entre-deux-mers, on trouve encore quelques forêts de feuillus (chênes, érables champêtres, charmes..) sur les coteaux calcaires ainsi que des îlots boisés entre les vignobles et autres cultures ou des forêts alluviales en bordure de rivières.

• Toutes ces forêts réunies constituent un ensemble de milieux assez diversifiés :

  • des forêts cultivées : pinèdes essentiellement dans le massif des landes de Gascogne, mais aussi des peupleraies et des plantations de Robiniers (faux-acacia)
  • des forêts semi-naturelles : chênaies et hêtraies implantées parfois depuis très longtemps, forêts dunaires le long du littoral, forêts de ravins ou forêts humides
  • mais aussi des milieux associés (landes, pelouses ou formations ligneuses basses, milieux humides et aquatiques) en fortes interactions avec les forêts voisines.

• Le massif forestier des Landes de Gascogne est, il est vrai, essentiellement constitué de conifères et milieux associés avec une diversité limitée de la faune et de la flore. Toutefois, l’existence de différents stades forestiers (stades jeunes, adultes, coupes rases…) et par endroits le maintien de feuillus en ilots et d’arbres sénescents, en font dans son ensemble un réservoir de biodiversité intéressant qui peut accueillir des espèces telles que la Martre, des rapaces, des papillons et autres espèces patrimoniales.
Dans ce massif on trouve aussi des forêts galeries et des ripisylves (cours d’eau bordés de de feuillus : Ciron, Leyre et leurs affluents…) qui jouent le rôle de corridor écologique d’un intérêt majeur pour la faune semi-aquatique comme le Vison d’Europe. De même les lagunes présentent une flore et une faune particulière et diversifiées (Libellules, loutre, Cistude d’ Europe, Triton marbré, papillons dont le Fadet des laîches…)
Outre cette mosaïque de milieux, il reste encore quelques forêts de feuillus ou mélangées et non totalement exploitées de manière intensive : c’est le cas, sur la commune de La Teste, de la forêt usagère et des forêts de Pissens et Laurey , mais également d’un boisement de feuillus à la pointe du Médoc , d’une hêtraie relique le long des gorges du Ciron et bien sûr du boisement présent sur la réserve Naturelle de l’étang de Cousseau, pour ne parler que des plus connus. Ces forêts sont d’un intérêt majeur et méritent qu’on les étudie avec une grande précision.

2. L’importance socio-économique de la forêt :
• La filière bois est du point de vue économique, un des trois secteurs les plus importants d’Aquitaine avec la viticulture et l’aéronautique. Avec 28 000 emplois pour l’ensemble de la filière dans toute l’Aquitaine, les métiers du la forêt et du bois représentent un vivier important.
• Du point de vue des ressources en énergie et matières premières, les potentialités de la forêt sont également importantes. D’une part, le bois-énergie a le mérite d’être une énergie renouvelable dont l’émission de gaz à effet de serre ne provient pas du déstockage du carbone fossile comme le charbon ou les hydrocarbures. D’autre part, le bois d’œuvre est la meilleure utilisation qui soit puisqu’il permet de stocker le carbone pendant des dizaines, voire des centaines d’années.
• Il ne faut pas oublier non plus les autres fonctions de la forêt, tant du point de vue de la qualité de vie des habitants riverains (qualité de l’air, qualité des eaux souterraines, chasse et cueillette, promenade…), que du potentiel touristique destiné aux habitants des villes qui ont envie de se ressourcer.

3. Les menaces qui pèsent sur nos forêts :
• Les tempêtes Martin et Klaus : le massif landais a en effet été touché successivement par la tempête à deux reprises (1999 au Nord et 2009 au Sud), sinistres auquel s se sont ajoutées des attaques de chenilles processionnaires du Pin et de Scolytes , ce qui a endommagé le massif dans son ensemble sur des milliers d’hectares dont la moitié en Gironde. Même si ces tempêtes ont été particulièrement violentes, on est en droit de se demander si l’importance des dégâts n’est pas également liée au mode de gestion de ces monocultures avec des traitements mécaniques et chimiques excessifs.
• La forêt est également sous la menace permanente de départs d’incendies, causés par imprudence le plus souvent. Le Médoc conserve les stigmates de ceux des deux étés précédents.
• Le changement climatique, malheureusement en marche, risque d’affecter fortement nos espèces forestières dont certaines peineront à survivre dans nos régions en raison des augmentations de température, des changements de régime hydrique, de l’augmentation du nombre et de la violence des tempêtes ou des invasions de nouveaux parasites.
• Les demandes d’autorisation de défrichement continuent de croître que ce soit :

  • pour la mise en cultures céréalières dans le massif landais, cultures qui ne sont pas des modèles écologiques ;
  • pour l’urbanisation dans de nombreux villages (lotissements ou zones d’activité commerciales et artisanales) qui ne cesse d’augmenter ;
  • pour la construction d’infrastructures de transports : des milliers d’hectares de forêt ont disparu et continuent de disparaître au profit des autoroutes, LGV et autres infrastructures ;
  • pour l’implantation de fermes photovoltaïques ou d’éoliennes, de plus en plus fréquemment au prétexte que ce sont des énergies renouvelables donc n’émettant pas de gaz à effet de serre alors que les arbres sont parmi les meilleurs puits de carbone, surtout lorsqu’on les utilise comme bois d’œuvre.

C’est - d’une part parce que les forêts sont le meilleur moyen de réduire les émissions de GES et constituent des habitats dont la biodiversité, quoique variable, est reconnue de tous, - et d’autre part pour toutes les autres fonctions socio-économiques qu’elles assurent, que la SEPANSO Gironde lutte sans relâche contre cette déforestation organisée sous couvert de développement durable.

4. La Commission forêt de la SEPANSO Gironde :
Soucieuse des menaces qui pèsent sur les forêts de notre région, la SEPANSO Gironde a mis en place une commission composée de spécialistes (chercheurs, naturalistes, propriétaires forestiers …) afin de réfléchir aux mesures à mettre en place pour minimiser les impacts des différentes atteintes portées à la forêt et permettre de restaurer les forêts de manière plus durable.
Toute personne intéressée peut se joindre à nous, sous réserve d’être adhérente à la SEPANSO.

Colette Gouanelle

A lire  :
 Le carbone forestier en mouvements
Eléments de réflexion pour une politique maximisant les atouts du bois

Réseau Ecologique Forestier Nord Alpes ( (REFORA)
MAgali Rossi . 2015
http://refora.online.fr/parutions/Rapport_carbone_forestier.pdf
 2 forêts d’exception autour du Bassin d’Arcachon. ONF
http://www.onf.fr/foret-exception/sommaire/foretreseau/bassin-d-arcachon/@@index.html

Mise à jour du 25/02/2018

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